// Vous lisez...

Accueil » ¿ Opinion dissidente ? » Pourquoi "Opinion Dissidente" ?


¿ Opinion dissidente ?

Pourquoi "Opinion Dissidente" ?

Pourquoi avoir choisi ce titre ?

Dans certaines hautes juridictions, telles que la Cour suprême des Etats-Unis ou la Cour européenne des droits de l’homme, tout magistrat qui prend part au jugement d’une affaire a la faculté de joindre à la décision, prise à la majorité, l’exposé des raisons pour lesquelles il n’a pas voté dans le même sens que ses collègues : c’est ce qu’on appelle une opinion dissidente.

La décision est prise, l’affaire est tranchée, mais la minorité a l’occasion de faire entendre son point de vue. Les arguments soutenus dans les opinions séparées [1] peuvent nourrir l’évolution de la jurisprudence lors de procès ultérieurs.

Et si l’on quitte les palais de justice ...

D’un point de vue symbolique, la dissidence, dans ce système, n’est pas réduite au silence ; et la diversité des points de vue n’est pas davantage dissimulée derrière le voile d’un consensus, mais se voit acceptée, affirmée, au regard de tous.

Si la liberté d’expression est un fondement essentiel du projet d’une société démocratique, n’est-ce pas précisément parce qu’elle a pour raison d’être de permettre à chacun(e) d’apporter son petit grain de sel au festin démocratique ?

Un droit de parole pour la dissidence, la différence, l’altérité !, pour
- saluer la diversité au sein de l’espèce humaine,
- entendre l’identité de chacun,
- et redire que les débats sur les grandes questions (ou les petites) n’ont pas pour objet d’aboutir à une fin définitive, mais de susciter l’accord provisoire d’êtres différents qui vivent ensemble.

Je dis "opinion", mais qu’on n’aille pas réduire le mot à des "partis-âneries" politiques ou même philosophiques : la diversité est aussi du domaine, par exemple, de la culture, soit “the forces that shape the world we live in and make us who we are.” [2] On y reviendra ... !


Notes

[1] Les juges peuvent aussi préciser les raisons pour lesquelles ils ont voté avec la majorité

[2] J. Balkin, “Digital Speech and Democratic Culture : a Theory of Freedom of Expression for the Information Society”, 2004, en ligne sur le site de l’auteur : http://www.yale.edu/lawweb/jbalkin/...